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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 14:59

Le débat resurgit avec passion : trois essais nous décrivent l’existence infernale des animaux destinés à la consommation… Pourquoi, alors que nous savons, fermons-nous les yeux sur leur souffrance et continuons-nous à nous délecter de leur chair ?

 

Source : www.psychologies.com

 

Dans ses Confessions d’une mangeuse de viande, Marcela Iacub, juriste spécialiste des questions de bioéthique, avoue que, longtemps, elle a été carnivore. Jusqu’au jour où elle a entendu bêler les côtelettes… « Une bête crie dans notre assiette et, pour qu’elle y arrive, il a fallu lui ôter la vie. Par le fait même de mettre ce morceau de viande dans votre bouche, vous participez à ce meurtre. » L’Américain Jonathan Safran Foer, auteur de Faut-il manger les animaux ?, le livre événement qui a relancé le débat sur les horreurs de l’industrie agroalimentaire, est lui aussi devenu végétarien, tout en plaidant pour un élevage responsable, soucieux du bien-être des animaux et de l’environnement.

 

Actuellement, la réalité est terrifiante : poussins hachés menu, poulets ébouillantés vivants, porcs mutilés, poissons d’élevage dévorés vivants par les poux de mer… Tous sont malades, gavés d’antibiotiques nocifs pour notre propre santé. Dans un souci de rentabilité, les éleveurs créent des races dégénérées, plus sensibles au stress – donc qui souffrent plus. Aux États-Unis, 99 % des bêtes vivent de leur premier à leur dernier jour un véritable enfer, confinées dans des espaces exigus, irrespirables, traitées et abattues d’une manière parfois ouvertement sadique. Les éleveurs qui aiment leurs bêtes finissent quand même, presque toujours, par les conduire dans des abattoirs, où leur bien-être n’est pas respecté. Faute de structure plus humaine.

Sommes-nous mieux lotis ? Pas vraiment, à lire le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale de la journaliste Alexandrine Civard-Racinais. Selon un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de 2009, 97 % des carcasses de gros bovins présentent des meurtrissures provoquées par des bâtons, preuves qu’ils ont été frappés avant d’être tués. Conclusion de l’auteure : « Dans l’élevage et l’abattage industriels, en dépit de quelques avancées, impossible d’assurer le bien-être des animaux. » Dans ce domaine, indiscutablement, nous sommes inhumains.

Nous sommes aveugles

Comment pouvons-nous continuer à manger de la viande sans en être horrifiés ? Parce que nous sommes carnivores ? En fait, en dépit de ce goût de la chair qui nous rapproche des fauves, être mangeur de viande n’est pas si simple, psychiquement parlant. Nous devons nous aveugler. Déjà, le mot « viande » nous sert à refouler – à oublier, à ne pas voir – que c’est un être vivant, un gentil petit lapin ou un cochon rose que nous dévorons. Ensuite, le mécanisme psychique du clivage nous permet d’opérer une coupure radicale entre le veau abstrait, chair rosâtre posée sur l’étal du boucher, et l’image du veau concret, mignon petit être sensible.

Cliver, séparer le « veau viande » du petit veau de la ferme, être vivant, est d’autant plus facile que ces animaux que nous mangeons demeurent invisibles et anonymes. Nous ne voyons ni le couteau ni le sang, nous n’entendons pas les cris de terreur et de douleur. Selon Marcela Iacub, le but premier des abattoirs est d’ailleurs « de rendre opaques les supplices que l’on inflige aux animaux, d’empêcher de comprendre ce que signifie pour un animal ne pas vouloir mourir […] ».

 

Nous sommes coupables

Pour nous donner bonne conscience, nous nous racontons des histoires : « Si la viande est si tendre, c’est que la bête n’a pas souffert. » Pour être acceptable, la mort de l’animal doit nous apparaître comme « nécessaire » à notre survie, à notre santé : « Manger de la viande rend fort, si vous n’en mangez pas, vous allez tomber malades », nous dit-on. Alors que l’élevage et l’abattage industriels sont justement incapables d’assurer une certaine hygiène à la viande que nous consommons…

Nous tentons de nous rassurer en nous disant que, après tout, la nature est cruelle. Seulement voilà, « les fauves ne font pas naître et n’élèvent pas les proies dont ils se nourrissent », rappelle Marcela Iacub. Selon elle, nous développons ces mécanismes de défense car, au fond de nous, nous savons que tuer et manger les animaux est mal. Nous savons que nous commettons un acte immoral.

Nous sommes responsables

En dépit de la culpabilité ou de la méfiance grandissante envers les nourritures carnées, il est souvent difficile de ne pas saliver quand le doux fumet de la côtelette parvient à nos narines. C’est que le goût de la viande n’est pas seulement lié à notre nature de carnivores. Il fait partie de nos histoires, des traditions culturelles dont nous sommes issus, il s’ancre dans nos souvenirs d’enfance – ah ! le poulet de grand-mère, l’oie rôtie des Noël d’autrefois… Y renoncer n’a rien de facile pour la plupart d’entre nous.

En fait, pour y parvenir, nous devons entendre couiner le jambon, bêler les côtelettes, mugir le faux-filet. À ce moment, ce n’est plus de la viande dans l’assiette, mais un agneau, un être vivant, sensible. Alors, devons-nous tous devenir végétariens ? Disons que chacun devrait être conscient des souffrances, des mauvais traitements subis par les animaux destinés à la consommation. Et que chacun devrait pouvoir choisir en toute connaissance de cause. Car, comme l’écrit Jonathan Safran Foer : « Nos choix de tous les jours façonnent le monde. »

Par nevabella
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 14:49

Tout est dit.... voilà un sujet qui me touche particulièrement... tjs sur le même site www.psychologies.com

 

Je ne veux plus tomber amoureuse

Une rupture les a anéantis. Ces femmes et ces hommes se sont coupés de tout ressenti. Et redoutent une nouvelle histoire d’amour. Mais peu se passent pour toujours de la plus riche des émotions.

 

J’ai toujours géré et contrôlé ma vie affective, témoigne Lucille, 35 ans. Mais il y a trois ans, je suis tombée folle amoureuse. Pour la première fois de ma vie, j’ai décidé de foncer, sans penser aux risques. Il venait de quitter sa femme, nous avons vécu une année de passion, je n’ai jamais été aussi heureuse. Et puis, il m’a annoncé qu’il retournait vivre avec elle. Le cauchemar a commencé. J’ai vécu la pire expérience de ma vie. Tous les vieux démons – la perte, l’abandon – que j’avais toujours tenus en laisse, se sont jetés sur moi avec une violence inouïe. J’ai cru en mourir, mais je m’en suis sortie. Je n’ai qu’un regret, m’être laissée aller. Je ne veux plus jamais revivre ça. L’amour fait trop mal, je préfère m’en tenir éloignée. »

Des sentiments figés

Comme Lucille, nombreux sont celles et ceux qui, après avoir été brûlés par un chagrin d’amour, se répètent, tel un mantra protecteur, « plus jamais ». Plus jamais d’abandon, plus jamais de déception, plus jamais de trahison. Pour ne plus ressentir de douleur, on est prêt à ne plus rien ressentir du tout.

Ces hommes et ces femmes qui ne veulent plus s’exposer aux brûlures de la passion, Boris Cyrulnik (1) les compare aux blessés de la route qui hurlent : « Ne me touchez pas ! » « Ils adoptent une position de défense antalgique. On appelle ce mécanisme de défense la “vigilance glacée”. L’amour déçu est une grande douleur, dont beaucoup cherchent à se défendre par la glaciation affective. »

Louis, 39 ans, se souvient de ce qu’il a ressenti lorsque Géraldine l’a quittée du jour au lendemain après quatre ans de vie commune. Non sans lui avoir dressé au préalable la liste exhaustive de tous ses défauts et défaillances, sexualité comprise. « J’étais littéralement coupé en deux. Une partie de moi enregistrait comme un ordinateur, tandis que l’autre devenait un bloc de béton. C’est difficile à exprimer, c’est comme si je me sentais devenir statue. Je n’arrivais plus à parler, j’étais écrasé par la trahison et la méchanceté. Je suis resté des mois dans cet état, sans pouvoir ni vouloir ressentir quoi que ce soit. »

« Rejeter l’amour comme émotion douloureuse est normal dans un premier temps, explique Martine Teillac, psychanalyste. C’est une réaction de survie en même temps qu’une étape classique du deuil. La blessure d’amour est aussi une blessure d’amour-propre, et les moyens de se réparer narcissiquement diffèrent selon la construction psycho-affective de chacun. »

Donjuanisme, surinvestissement professionnel, suractivité sociale ou repli sur soi, la mise à distance émotionnelle provoque des réactions diverses. Les femmes trouvent plus volontiers refuge dans la parole, les hommes, dans l’action, mais l’objectif final demeure semblable : ne plus s’exposer à la douleur.

Simon, 41 ans, qui se définit comme le contraire même d’un macho, avoue que son antidote a été « la consommation sexuelle sans états d’âme. J’avais besoin de me venger. Ces femmes étaient un moyen et de me faire oublier Laure et de prendre une revanche. Une façon de lui dire et de me dire : “Je n’ai pas besoin de toi.” » Carole, 36 ans, a adopté le mode de défense inverse : une abstinence sexuelle nourrie par un rejet de l’univers masculin. « Pendant deux ans, tout ce qui était masculin est devenu pour moi synonyme d’égoïsme et de lâcheté. Ce sont cette colère et ce rejet qui m’ont permis d’encaisser le choc. »

1- Psychiatre, psychothérapeute, auteur des Vilains Petits Canards (Odile Jacob, 2001).

Jusqu’où peut-on souffrir ?

Si geler ses émotions pour faire taire sa souffrance est un réflexe salutaire, inscrire ce comportement dans la durée peut devenir nocif. Catherine, 42 ans, reconnaît que l’anesthésie émotionnelle s’est d’abord révélée profitable, « le temps de souffler et de reprendre mes esprits », mais que sa décision de ne plus tomber amoureuse a commencé à l’aigrir peu à peu. « Je suis devenue sarcastique, méfiante. Mon idée fixe ? Ne pas me faire arnaquer. J’étais agressive, sur le qui-vive et, de fait, je ne risquais pas de rencontrer l’amour puisque je n’intéressais plus personne. Une discussion avec une amie m’a ouvert les yeux. J’ai décidé de me refaire confiance, donc, au fond, de refaire confiance à la vie. »

Jusqu’où peut-on souffrir ? Comment se défendre contre la violence du chagrin amoureux et ne pas s’emmurer dans la douleur ? Les psys entendent souvent ces questions ; et le désarroi quasi enfantin qu’elles expriment est l’écho d’une seule et même interrogation : comment s’en sortir ?

C’est bien évidemment l’absence de recettes infaillibles qui rend terrifiante, aux blessés de l’amour, la perspective d’un « après ». On connaît le dérisoire et la cruauté involontaire des conseils déclinés sur le mode « un de perdu, dix de retrouvés ». Pourtant, il est quand même des clés qui peuvent aider à faire de cette épreuve un outil de connaissance de soi.

« Commencer par accepter sa souffrance est la première étape qui permet de cheminer vers la guérison, poursuit Martine Teillac. Il est dangereux pour soi de museler ses émotions. Nier n’est pas faire disparaître. Accueillir la souffrance permet de l’atténuer, alors qu’en luttant contre son ressenti, on s’inflige une violence supplémentaire. » Une fois la douleur atténuée, il est bénéfique d’essayer de lui donner un sens. Si se tourmenter avec des questionnements en forme d’autoflagellation est stérile et douloureux, essayer de prendre la mesure de sa responsabilité dans son histoire peut être profitable. « Ce n’est pas se bloquer émotionnellement un temps qui peut être préjudiciable, explique Martine Teillac. Ce qui l’est, c’est de faire la politique de l’autruche et ne pas profiter de cette période pour essayer d’y voir plus clair en soi. »
Se demander pourquoi on souffre autant, pourquoi on s’est perdu dans l’autre, pourquoi la perte semble insupportable sont autant d’interrogations qui permettent d’enrayer un possible processus de destruction de soi dans des relations affectives dysfonctionnelles. Et garder à l’esprit que l’amour, lieu par excellence des émotions les plus intenses, implique nécessairement une prise de risque.

« On ne peut pas se prémunir totalement contre le chagrin, précise Catherine Bensaïd (2). Mais il est clair que plus on travaille sur soi, plus on comprend ses mécanismes, et moins on risque de se détruire dans la relation suivante. Plus on se connaît, moins on aime la douleur. On l’accepte, mais on ne s’en repaît pas, on n’a pas envie de vivre avec. De même qu’on sait que ce n’est pas en étouffant ses émotions qu’on fera disparaître la souffrance de sa vie. »

2- Psychiatre, psychothérapeute, auteur de Je t’aime, la vie (Laffont, 2000).

 

Le retour à la vie

« La glace qui recouvre les émotions de ceux qui ont décidé de se protéger de l’amour est une croûte fragile, explique Boris Cyrulnik. Dessous, le volcan n’est pas loin. » On peut faire fondre cette glace, mais pas n’importe comment ni avec n’importe qui. Il importe de s’être d’abord consolidé intérieurement, d’avoir suffisamment réparé la blessure narcissique due à l’échec amoureux. Réapprendre à aimer implique que l’on ait réappris à s’aimer d’abord. Et cesser de remettre en question sa valeur est le premier pas vers la guérison. Une fois disparu cet autre qui était à la fois source de plaisir et de confiance en soi, on se retrouve seul, face à soi-même, à ses doutes, à ses peurs. « C’est dans ces moments-là qu’il est utile de se forcer à faire ce que justement l’on ne veut pas, c’est-à-dire s’occuper de soi, explique Martine Teillac. Se faire des petits cadeaux, prendre soin de son apparence, sortir, etc. Se rééduquer au plaisir permet de retrouver plus facilement le chemin qui mène à la vie. »

Reste aussi à se convaincre que l’on n’a pas « donné » pour rien. « J’ai tout donné et j’ai été trahi en retour » est un sentiment fréquent. « Le chagrin est la preuve que l’on n’a pas lésiné sur le don de soi, que l’on est resté authentique et fidèle à soi-même, avance Catherine Bensaïd. La vraie question est : “Vaut-il mieux souffrir
et vivre l’émotion amoureuse dans toute sa richesse et son intensité, ou se protéger et ne se nourrir que d’émotions tièdes ?” »

Une fois écoulé le temps de la souffrance, de la rancœur ou de la colère, les repentis de l’amour finissent par s’avouer prêts à retenter l’aventure. « Le “je ne veux plus tomber amoureux” n’est évidemment pas à prendre au pied de la lettre, poursuit Catherine Bensaïd. Il s’agit plutôt de : “Comment faire pour ne plus tomber amoureux de quelqu’un qui va me faire souffrir.” Il faut aussi savoir que lorsqu’on a aimé, on aimera à nouveau car, heureusement, l’amour et le désir échappent à notre contrôle. »

Marc-André, 41 ans, en a fait l’expérience lors d’une soirée du type « divorcés revanchards » : « Avec mes deux meilleurs potes, nous étions en train de nous dire que nous en avions fini avec les histoires d’amour et que nous allions reprendre le rôle que nous n’aurions jamais dû quitter : celui du chasseur. A la fin de la soirée, le ciel me tombe sur la tête : Marjorie, drôle, jolie, intelligente. Je vis avec elle depuis trois ans. »

Tonnerre : Les coups de foudre à répétition

Amoureuses de l’amour, elles collectionnent coups de foudre et déceptions à une cadence infernale. Leur credo : sans amour, la vie ne vaut d’être vécue. « La foudre ne frappe pas au hasard, lance Boris Cyrulnik, psychiatre. Il y a des femmes “paratonnerres” qui ont un besoin vital des sensations que procure l’état amoureux. » Besoin qui révèle une certaine dépendance : sans projet personnel suffisamment mobilisant, elles sont en quête perpétuelle de l’autre pour remplir leur vie. Un autre fantasmé qu’elles habillent de leurs désirs, attentes et besoins. Portées par leurs fantasmes et les sensations exacerbées, les amoureuses chroniques ne se nourrissent que d’un amour idéalisé. Mais lorsque la réalité vient lézarder la construction imaginaire, la déception et la souffrance remplacent l’exaltation. Pour les psys, les coups de foudre à répétition signent souvent une angoisse existentielle profonde, qui nie la réalité. « Or, une relation ne peut se construire qu’à l’épreuve de la réalité, explique Martine Teillac. Ce qui exige de se connaître soi-même suffisamment pour pouvoir repérer le “bon” autre. » C’est justement cette construction que les « serial lovers » tentent d’éviter sans en avoir toujours conscience. « Tout recommencer à chaque fois démontre une instabilité dans la construction psychoaffective de l’enfance », analyse Boris Cyrulnik. Peur de trop aimer, de se perdre dans l’autre, de perdre l’autre, ces coups de foudre, tels des garde-fous, permettent de se tenir éloigné de situations pouvant réactiver des peurs et des douleurs anciennes. « Je ne veux plus tomber amoureuse » et « je tombe sans arrêt amoureuse » seraient alors les deux faces d’une même médaille : celle de la peur d’aimer.

Epreuve : Quand la dépression guette

Pour les blessés de l’amour, la violence du chagrin rend impossible la perspective d’un lendemain.
« La douleur est d’autant plus intense que lorsque nous sommes amoureux, nous croyons que notre monde est entièrement rempli par l’autre, analyse le psychiatre Boris Cyrulnik. C’est ce que l’on appelle en psychanalyse la “plénitude amoureuse”. Or, plus on est rempli de l’autre, plus sa disparition nous laisse vide de soi. Sans ancrage ni repère. »

Les personnes qui ne s’en remettent pas sont en apparence bien équilibrées.
C’est le chagrin amoureux qui révèle la vulnérabilité de leur personnalité. Reste alors la souffrance de n’être plus que vide. Et la dépression peut s’installer durablement.

Le seul critère qui permet de faire la différence entre chagrin normal et dépression est la durée des symptômes de souffrance.
Lorsque le repli sur soi, la difficulté à effectuer les actes de la vie quotidienne, l’autodépréciation, les crises de larmes irrépressibles, l’incapacité à trouver du plaisir s’installent dans le temps, la menace est bien réelle. « Il est prudent de consulter dès que l’on sent que l’on ne remonte pas la pente au bout de trois ou quatre mois, conseille la psychanalyste Martine Teillac. Plus on s’abîme dans le chagrin, plus on perd le goût et le désir d’un retour à la vie. Une grande épreuve affective peut être l’occasion de s’attaquer à des pans entiers de son être que l’on a laissés en friche. »

Par nevabella
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 14:44

Voilà qch qu'on devrait tous apprendre à faire... article très intéressant ! Source www.psychologies.com

 

Dire merci

Considérée comme une simple politesse – dire merci à un bienfaiteur est la plus élémentaire des courtoisies – ou comme un devoir moral hérité de notre culture judéo-chrétienne, la gratitude n’est pas une qualité très valorisée sous nos latitudes. Pourtant, selon les dernières études américaines en psychologie positive (In Psychology Today - mars 2006. Toutes les citations des chercheurs en sont également tirées), elle participerait activement à la bonne santé émotionnelle de ceux qui en font un usage régulier. Renforçant les liens sociaux, la gratitude affaiblit aussi les émotions négatives et procure un sentiment de bien-être durable.

Chris Peterson, professeur de psychologie à l’université du Michigan, en est l’un des grands spécialistes. Régulièrement, il demande à ses étudiants d’écrire une « lettre de gratitude » à une personne qui a compté dans leur vie. D’année en année, il fait le même constat : « Ecrire ces textes procure à leurs auteurs un sentiment de bien-être durable. »

Un sentiment renforcé, ajoute Chris Peterson, si l’auteur la lit à haute voix à son destinataire. C’est alors le fameux effet « boule de neige » généré par les émotions positives : valorisé, reconnu dans sa valeur, le bénéficiaire renvoie à son tour un message gratifiant à l’auteur de la lettre. Très « américains », ces exercices « cognent » un peu avec notre mentalité, mais il est possible de s’exercer à la gratitude sans lettres ni déclarations officielles. Il suffit d’ouvrir les yeux sur son quotidien.

Les bienfaits

« Se réjouir de ce que nous considérons comme des acquis : une famille, un toit, une bonne santé, nous fait apprécier notre vie, constate Phillip Watkins, chercheur à l’université de psychologie de Washington. Cette reconnaissance consciente nous amène à apprécier ce que nous avons plutôt qu’à déplorer ce qui nous manque. »
Le chercheur a ainsi constaté que les personnes qui développent consciemment leur sentiment de gratitude étaient moins frustrées, plus ouvertes et plus optimistes que les autres. Elles ne font pas des possessions matérielles un but, ne se comparent à personne et ignorent l’envie.

 

« La gratitude se réjouit de ce qui a lieu, ou de ce qui est, écrit André Comte-Sponville dans son Petit Traité des grandes vertus, elle est ainsi l’inverse du regret ou de la nostalgie, qui souffrent d’un passé qui ne fut pas, ou qui n’est plus, comme aussi de l’espérance ou de l’angoisse, qui désirent ou craignent […] un avenir qui n’est pas encore, qui ne sera peut-être jamais, et qui les torture pourtant de son absence. »
Savourer pleinement un bon moment avec ses amis, apprécier un paysage comme une œuvre d’art ou simplement un bon repas, donnent le sentiment d’être du côté de ceux que la vie gâte, plutôt que de ceux qu’elle lèse.

Cette aptitude est aussi un antidote puissant au sentiment de solitude existentielle que l’on peut parfois éprouver. Pour le psychiatre et psychothérapeute Christophe André, la gratitude est « bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine ». Robert Emmons, chercheur en psychologie à l’université de Californie, a constaté que ceux qui font régulièrement une liste des motifs pour lesquels se réjouir se sentent mieux dans leur peau, sont plus actifs et offrent une meilleure résistance au stress.

 

Exercices de gratitude

Une fois que l’on est convaincu de ces bienfaits, reste à mettre la gratitude en pratique. Cela ne va pas de soi car l’ironie, le scepticisme, voire le cynisme sont intellectuellement valorisés. Afficher sa joie de vivre ou son optimisme reste suspect. Les chercheurs américains reconnaissent que cela demande une certaine ouverture d’esprit. Et de museler, momentanément au moins, la petite voix nous disant que cette pratique n’est que la version comportementaliste de la vieille méthode Coué.

« Ces exercices peuvent être faits avec scepticisme, pas avec cynisme », prévient Chris Peterson. C’est pourquoi il invite tous les sceptiques à se plier régulièrement à cette pratique de manière à vaincre les résistances internes. « Faites “comme si”, jusqu’à ce que ça marche réellement. Avec le temps, l’esprit suit les mots et le changement émotionnel s’opère. »

Peterson sait de quoi il parle ; il avoue avoir eu lui-même bien du mal à faire l’exercice de la lettre de gratitude qu’il préconisait à ses étudiants. « J’ai essayé, encore et encore, jusqu’à ce que, un jour, je sente que ce que j’écrivais partait du cœur…

Voilà peut-être le nouveau défi qui s’offre à nous. Pour une vie plus vivante et plus vibrante.

Remontez la chaîne des causes et des effets qui ont apporté des éléments positifs dans votre vie
Quelle personne ou quelle suite d’événements est à l’origine de ce travail que vous aimez, de cette rencontre qui a tout changé, de ce livre ou de cette œuvre qui vous procurent tant de plaisir ? Reconnaître vos sources amène une double joie : celle d’avoir reçu et celle de reconnaître la valeur de l’autre.

Faites un bilan positif
Le soir, au coucher, déroulez le film des événements agréables que vous pouvez considérer comme des « cadeaux » de la journée : un bon repas avec une amie, une tâche menée à bien, un éclat de rire, la sensation de bien-être après une heure de sport, un coup de téléphone agréable… Chacun de ces petits « plus » vaut bien un remerciement !

Cultivez un regard neuf
En considérant comme « allant de soi » notre quotidien, nous en venons à oublier la valeur des choses. Sans se prosterner devant sa machine à laver ou sa baguette de pain, il est important de prendre le temps d’apprécier tout ce qui nous facilite la vie : l’eau qui coule à volonté, les fruits et légumes en abondance sur la table, l’air et le soleil qui entrent par la fenêtre… Après tout, ils ne sont pas des dûs.

Remerciez… lorsque vous donnez
Apprenez à ressentir le plaisir qu’il y a dans le fait de donner. Et remerciez intérieurement le bénéficiaire de votre générosité, car celui-ci vous permet sans le savoir d’entrer en contact avec la meilleure part de vous-même. Celle qui donne sans craindre d’être dépossédée, celle qui a conscience de l’infinie richesse de l’échange et du partage.

Méfiez-vous des jugements, de la comparaison, de l’envie
Ces sentiments négatifs nous font gaspiller notre énergie vitale, brident notre confiance et notre curiosité. Ils sont le fruit de nos croyances, elles-mêmes issues de nos peurs : peur de ne pas être à la hauteur, d’être déçu, malmené. Après en avoir pris conscience, efforcez-vous de les chasser de votre esprit. Cultivez à la place des sentiments d’accomplissement en vous rappelant vos succès.

Acceptez les moments difficiles
Accueillez tristesse, colère ou déception en faisant corps avec cette émotion négative, sans la nourrir ni la combattre. Cette acceptation permet d’atténuer les « montagnes russes émotionnelles » qui nous emportent. En cessant de considérer les événements sous un angle « bon » ou « mauvais », vous apprendrez à considérer la vie comme un tout, dont il est possible de savourer sans crainte les différentes saveurs.

 

 

Par nevabella
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